Mon utilisation au quotidien de la gamme Hoka

Julien Chorier

En tant que traileur de haut niveau, je m’entraine quasiment tous les jours en effectuant différents types d’efforts et d’exercices. Comme à chaque séance correspond un matériel particulier, je vous propose un petit tour d’horizon de mon utilisation, entre entrainements et compétitions, de la gamme Hoka.

 

La base – l’endurance fondamentale

S’engager en ultra nécessite d’être solide et résistant sur la durée et face au dénivelé, tout en gardant le plus longtemps possible de la vitesse. Pour se préparer à cela, il n’y a qu’une formule : accumuler du volume d’entrainement en endurance fondamentale. Au rythme de 2 à 3 sorties par semaine à cette allure de croisière, je m’astreins à créer du volume grâce à des courses de 1h30 à 3h sur terrain vallonné. J’essaie aussi de rajouter une séance à jeun pour améliorer encore cette allure fondamentale et travailler sur la lipolyse, le métabolisme des graisses. Bien entendu, ce rythme de sorties n’est pas la formule magique de la préparation à l’ultra, chacun doit trouver sa propre méthode d’entrainement.

En ultra, le but est d’être résistant sur la durée et face au dénivelé. Pour cela, une seule solution : accumuler du volume d’entrainement en endurance fondamentale.

Pour ces runs classiques, j’ai besoin d’une chaussure confortable et adaptée aux terrains vallonnés. Je porte donc la Speedgoat 4 qui concentre tout ce dont j’ai besoin pour ces sorties fréquentes. Lorsque le temps se gâte et que les conditions sont délicates (entre boue, neige et froid), j’utilise la version hivernale, les Mid. Avec une tige semi-montante et une protection Gore-Tex, cette paire est parfaite pour braver le froid.

En revanche, lorsque je sais que la séance va être un peu plus courte ou rapide car sur un parcours roulant, j’ai tendance à me chausser avec les Torrent ou avec la Challenger, qui ont comme avantage d’être un peu plus légères et souples que la Speedgoat.

Travail sur route

Bien que le trail se définisse comme un sport hors stade et de pleine nature, une partie de ma préparation se fait sur route et sur piste afin de fournir un travail complet et varié. Je n’échappe donc pas aux terribles séances de fractionné, et évolue sur des temps d’effort qui peuvent varier entre 20 secondes et 45 minutes suivant l’avancée de ma préparation.

Pour ces séances rapides, je jongle habituellement entre deux paires :

  • la Clifton Edge pour son amorti et sa légèreté ;
  • la Carbon X pour son confort et son renvoi favorisé par la lame en carbone, qui est vraiment agréable lors des séances de fractionné assez court notamment.

Séances spécifiques

À côté des sorties classiques et des séances sur piste, j’effectue au moins une fois par semaine un travail spécifique de côte dont le contenu varie selon ma prochaine échéance. J’alterne donc entre séances longues et courtes, orientées montée ou descentes, doublées ou non…

Les séances courtes varient entre 30 min et 1h d’effort, où je vais travailler ma vitesse soit à la montée, soit à la descente. Pour ce genre d’exercice, j’ai besoin d’une chaussure légère au crampon fort et agressif. J’utilise donc la Evo Jawz, qui répond parfaitement à mes attentes.

Lors des séances doubles, j’enchaine montées et descentes rapides : 3′ de montée et 2′ pour redescendre, à faire 10 fois. Ces sorties de 50 minutes sont traumatisantes pour les cuisses puisque l’on force à la montée en concentrique puis à la descente en excentrique. Comme cela simule une fatigue en accéléré que l’on peut retrouver sur un ultra, ce travail demande plus de temps de récupération et ne doit pas être fait à moins de 20 jours de la prochaine échéance.

Pour les sorties de côte un peu plus longues, qui varient entre 2000 et 3000m de dénivelé, j’utilise le même modèle que celui que je chausserai lors de ma prochaine course. Cela me permet d’ajuster, de travailler la pose du pied, de m’habituer à courir avec.

Entrainements autres

En amont de la course à pied, je pratique d’autres sports de manière régulière, et ce pour plusieurs raisons : casser la monotonie, favoriser la récupération, limiter le risque de blessure, diversifier mon savoir-faire physique …

Ainsi, je m’astreins toute l’année à des séances en salle. En plus du renforcement musculaire, j’y fais des exercices d’équilibre et de proprioception pour limiter le risque de blessure. Comme j’ai besoin d’être proche du sol lors de ces activités, j’utilise la Evo Rehi qui propose légèreté, stabilité et adhérence. J’explique d’ailleurs l’intérêt de ces séances dans la vidéo ci-dessous.

Le travail sur deux-roues représente aussi une part non négligeable de ma préparation. Véritable arme pour renforcer son volume d’entrainement, le vélo est un complément de premier choix pour tout coureur. Je n’hésite donc jamais à faire tourner les jambes, que ce soit en extérieur ou sur home-trainer.

Le choix des chaussures pour la compétition

À l’approche d’une échéance, il m’arrive souvent d’hésiter entre deux modèles. Pour m’aider à choisir, j’alterne les séances avec ces deux paires pour mieux ressentir et voir à quel terrain laquelle semble la plus adaptée. Ensuite, le jour J, je choisis quelle paire porter en fonction de différents critères tels que la météo ou encore l’état du terrain.

Un des avantages de l’ultra est d’avoir des points d’assistance qui permettent de modifier son équipement. J’ai donc pour habitude d’emporter différents modèles pour pouvoir, selon le ressenti, l’envie et le feeling, chausser celui qui me convient le mieux.

Parfois, pouvoir changer de paire de chaussures en plein milieu d’un ultra soulage la tête et redynamise les jambes.

Quand la course ne fait pas plus de 80km, j’ai pour habitude de porter les Evo Speedgoat.

En revanche, lorsque le format est plus important sur la durée et sur le dénivelé, j’ai tendance à favoriser les Speedgoat classiques qui sont un peu plus costaudes et surtout confortables. Le genre de détail qu’on ne néglige pas sur des courses de 24 heures !

Comme toutes ces paires sont équipées de la technologie Vibram Megagrip, on est assuré d’avoir une bonne accroche en toutes conditions.

Matériel particulier

Lors d’événements spéciaux, il m’arrive de chausser des paires plutôt inhabituelles par rapport à ma pratique de tous les jours. Lors du Marathon des Sables par exemple, je n’ai pas porté des chaussures de trail mais des chaussures de route, les Mach 3, car je n’avais besoin ni de crampons ni de semelle Vibram. Il me fallait en outre une paire légère, confortable et respirante. Avec le lab’ Hoka, nous avons ensuite adapté une guêtre en lycra sur la chaussure pour la rendre étanche au sable,  et le tour était joué !

Autre paire atypique que j’ai eu la chance de tester, la TenNine. Cette chaussure oversize pensée pour les longues descentes permet, grâce à une amélioration de la stabilité et à l’absorption d’énergie, de complètement lâcher les freins et de se laisser aller. La chaussure encaisse tout et accompagne même le mouvement. Je n’ai pas encore essayé cette paire en compétition mais elle pourrait être utile sur certaines portions de descente bien spécifiques de la course. À voir donc pour la porter entre deux points de ravitaillement idéalement placés.

Bilan

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de vérité ou de paire de chaussure idéale, le choix dépend de nombreux facteurs : le ressenti avec les chaussures, le dénivelé, les conditions, la distance, l’état du terrain, la météo,…

De mon côté, j’essaie donc de tester le plus de produits possible. D’abord pour trouver la paire qui convient le mieux à chaque situation mais aussi pour varier la pratique et apprendre à courir avec tout type de chaussure.

Commentaires
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    Patrice
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    Très bel article. Merci Julien

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