Dunes et apprentissage au Marathon des Sables

Julien Chorier

Le Marathon des Sables fait partie de ces courses mythiques de la planète trail. Six jours de course dans le désert, c’est soit un rêve, soit un cauchemar. En tant que traileur amateur de distances longues, aux gros dénivelés, et pas franchement apte à supporter la chaleur, le « MDS » avait tout pour me rebuter… Et pourtant j’ai craqué, j’y suis allé ! Et j’en suis revenu en ayant vécu une vraie belle aventure…

Le projet a commencé à la fin de l’été dernier quand, par l’intermédiaire d’Allibert Trekking, on m’a proposé d’intégrer l’équipe « Terdav’ Centrakor » sur le MDS 2019.

Pour être honnête, l’aventure MDS ne m’attirait pas spécialement. Les spécificités de la course étant presque à l’opposé de mes préférences et habitudes : chaleur, sable, portage du sac…

Mais l’idée de partager cette aventure avec Erik Clavery Laurence Klein et Merile Robert, m’a beaucoup attiré. Et les nombreux beaux échos entendus à propos de ces « vacances au Maroc » ont eu raison de mes a priori.

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LA PRÉPARATION

La première partie de la course se passe bien en amont ; puisqu’il faut préparer l’ensemble du matériel pour cette course hors-normes qui se déroule sur sept jours en totale autonomie alimentaire.

En plus de cela, tout l’équipement personnel fait partie du matériel obligatoire et doit être porté durant toute l’épreuve. Les effets personnels (nourriture, matériel, le kit course, etc…) doivent représenter un poids global minimum de 6,5 kg et maximum de 15 kg (sans l’eau). L’objectif est donc d’être à 6,5kg pour le contrôle du sac.

Pour la nourriture, on doit prévoir ses besoins alimentaires du 7 au 13 avril inclus et disposer obligatoirement de 14 000 k/calories minimum soit env. 2 000 k/calories par jour de course.

Le réglement et le format de course étant identique au MDS que j’avais couru au Pérou en 2016, je suis reparti sur les mêmes bases. La recette ayant fonctionné, j’ai donc fait la même commande de lyophilisés par l’intermédaire de Lyophilisé&co.

Pour ajuster mes menus j’ai fait le point avec Benoit Nave, qui m’a conseillé d’apporter un peu plus de protéines au petit déjeuner avec du blanc d’œuf, et du tapioca pour enrichir les plats du midi et du soir.

Pour les différentes étapes, j’avais prévu entre une et 4 barres Baouw par jour. Pour la gourmandise (sic) j’en prenais une supplémentaire en en-cas ! La forte teneur en BCAA est, en effet, très adaptée à la récupération.

Pour emporter tout ça à dos d’homme de manière « supportable », il fallait trouver un sac optimal. Après de nombreux essais, je me suis orienté vers une solution un peu hybride avec un sac à dos de 16litres et la ceinture Compressport qui me permettait de transporter le sac de couchage.

Pour les chaussures, Christophe Aubonnet, responsable R&D de HOKA, m’a soigneusement éclairé dans le choix du matériel à prendre avec moi, comme les guêtres pour courir dans le désert. Car courir dans le sable ça ne s’improvise pas, on a parfois l’impression de courir dans une neige molle ou croûtée.

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UNE COURSE OÙ CHAQUE DÉTAIL COMPTE

Cette course est particulière à plusieurs égards. Si les étapes sont au nombre de 6, « l’épopée Marathon des Sables » dure bien plus longtemps.

Tout commence à Paris où le rendez-vous est donné le vendredi matin. L’organisation a affrété deux avions directs pour Ouarzazate. Le trajet est finalement assez rapide, en comparaison du passage de la douane qui durera 2-3h… L’occasion d’échanger avec les autres participants.

Une fois les bagages récupérés, on embarque dans les bus pour rejoindre le premier bivouac. Six heures de bus puis encore deux heures d’attente, et on peut enfin rejoindre notre tente… Pas facile cette première étape !

La tente n°49 sera composée de Laurence Klein, Jorge Roll, Mérile Robert, Damien Douvry, Mohamed Fara et moi. On a la chance de n’être que 6 (sur 8 places).

Le samedi, c’est contrôle des sacs. Il faut bien tout vérifier à ce moment car une fois le contrôle effectué, on donne notre valise que l’on retrouvera seulement sept jours plus tard… Mieux vaut éviter d’oublier un élément-clé.

Pour ma part, le sac de course pèse 6,7kg, donc tout va bien 😉

Le samedi soir est le dernier repas pris sur le bivouac au buffet, ensuite, on sera en autonomie. Mieux vaut en profiter !

La première étape a lieu le dimanche, avec 32 kilomètres au menu.

Je vous épargne le compte-rendu de chaque étape… Globalement, les différentes étapes se passent bien. Seule la chaleur me pose problème. Aussi, je dois juste laisser filer la tête sur les derniers km, chaque jour.

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Chaque jour, la même routine se met en place. Les étapes se finissant en milieu de journée, la vie s’organise sur le camp. Première chose à faire, aller chercher du bois, faire chauffer de l’eau pour un premier repas. Ensuite, passage chez « le doc », pour soigner les petites ampoules, puis un petit coup d’oeil aux e-mails (on peut envoyer un mail par jour à un proche).

Petit à petit, le camp se remplit avec l’arrivée de tous les concurrents. A 18h, on rallume le feu pour le diner. Et à 20h, tous au lit.

Le réveil se fait avec le lever du jour vers 5h30. La fin de nuit est fraiche et les premiers rayons de soleil vers 7h font du bien.

En dehors de mes aléas sur la seconde étape, les journées s’enchainent bien.

Juste pour éclaircir les soucis de l’étape 2, je me suis égaré tout seul à la sortie des dunes. Il n’y avait pas de marquage à cet endroit sur 13km. J’ai suivi les coureurs marocains pendant 10km puis je me suis fait petit à petit distancer. Le vent ayant effacé les traces, j’ai poursuivi seul, au cap. J’ai loupé la sortie des dunes et me suis retrouvé bien trop loin. J’ai réussi, grâce au topo, à m’orienter vers l’arrivée mais je n’ai pas passé le CP2. J’ai écopé d’une pénalité d’une heure, comme le prévoit le règlement.
Je ne suis pas revenu sur le CP2 car cela faisait déjà plus de 2h que je courais dans les dunes, à court d’eau, je suis rentré au plus court en faisant une étape de 37km au lieu des 32…

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VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE DÉSERT

L’étape longue est un moment à part, avec un départ en deux vagues. Le gros du peloton s’élance à 8h et on se retrouve à une cinquantaine de coureurs, à patienter jusqu’à 11h pour pouvoir s’élancer. Parfait pour démarrer aux heures les plus chaudes !

La montée d’un djebel avec une corde sera l’un des beaux souvenirs de cette aventure. La descente dans le sable sera très ludique. Sur cette étape, j’ai eu un passage à vide durant les heures les plus chaudes (15-17h). La fin de course, un peu plus vallonnée me conviendra beaucoup mieux et je prendrai beaucoup de plaisir à me battre pour finir avant 19h et la tombée de la nuit. Objectif rempli.

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Après l’étape-marathon du vendredi, le classement est figé. Une remise des prix sommaire est organisée sur le camp. Une dernière nuit sous tente et on prend le départ de la dernière étape, l’étape solidaire. 6km, sans chrono. Une bonne occasion de prendre le temps avec tous les concurrents de discuter, marcher jusqu’au bus.

De nouveau 6h de bus pour rejoindre Ouarzazate où l’aventure s’achève.

Les deux jours sur place sont l’occasion de profiter du hammam, des restaurants locaux et de passer de bonnes soirées tous ensemble. On a retrouvé avec grand plaisir un lit, une douche et des repas variés 😄

Le bilan sportif est mitigé mais est vite oublié par tous les bons moments partagés, les rencontres très enrichissantes. Une magnifique aventure à vivre.

Un grand merci à l’équipe Terres d’Aventure (Terdav pour les intimes) et Centrakor pour les moments partagés (Laurence KleinMérile RobertLhoucine AkhdarDam Douvry)

 

Légende du matériel :

1 : montre Garmin 935
2-3 : t-shirt / short classique
4 : plats lyophilisés divers : Lyophilise & Co
5 : HOKA ONE ONE Cavu + guêtres collées + semelles Art Feet
6 : ceinture Compressport avec le duvet à l’intérieur
7 : matériel obligatoire (couteau, briquet, épingles, boussole, couverture de survie, miroir, aspivenin, lampe, piles + lingettes, brosse à dents, bouchons d’oreille.
8 : 3 flasques de 500ml
9 : 15 barres Baouw Organic Nutrition
10 : sac à dos UD Adventure Vest de chez snowleader.com
11 : Mid socks Compressport
12 : Full socks
13 : t-shirt manches longues 3D ultralight
14 : sur-pantalon léger
15 : veste coupe-vent
16 : casquette + lunettes Julbo Eyewear Aero Segment
17 : un buff Val Thorens
+ 1 caleçon de rechange 😅

Voir 2 commentaires
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    Bellanger
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    Merci pour ce compte rendu qui me renvoie à mes souvenirs de mes préparations a mes 3 MDS fait avec la TCA. J’espère que tu n’as pas eut trop d’ampoules. J’avais couru en addizero.

  • Avatar
    COZZANI Sébastien
    Répondre

    Bravoooo. Beau descriptif de cette belle aventure. Content de t’avoir croiser sur le bivouac et pendant l’étape longue après Ironman Nice 2016 😉. Bon continuation.

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