Les courses américaines à cocher une fois dans sa vie de coureur

Julien Chorier

Bien que nous soyons chanceux d’avoir en Europe de très beaux parcours d’ultra, nos voisins américains n’ont pas à rougir, bien au contraire. J’ai eu la chance d’avoir mon dossard trois fois là-bas et loin d’être déçu, je compte bien en enfiler d’autres…

Avec une technicité parfois très engagée, des environnements plus que variés et des balisages légers qui peuvent parfois jouer des tours, les courses US représentent un challenge à relever dans la vie d’un coureur. Leurs paysages, tout droit sortis d’un écran de cinéma, peuvent faire rêver le plus grand nombre, moi le premier ! En revanche, l’effort à fournir pour passer leurs lignes d’arrivée quant à lui, ne pourra être offert à tout le monde. En voici une liste non exhaustive qui commence par les deux que j’ai eu la chance de vivre.

HARDROCK 100

Parcours : 100,5 miles soit 161,7 km
Dénivelé : 10 400 m D+
Période : Juillet
État : Colorado

Une course mythique avec 13 passages de sommets à plus de 3700m parsemés de plusieurs rivières. 

Juillet 2011, une première participation qui m’offre de nombreux défis. Les maîtres-mots de cette course ? Un tracé très alpin qui demande d’allier technicité, altitude et concentration. Une approche un peu plus « roots » sans matériel obligatoire ni aide dans de nombreux passages techniques avec un balisage qui ne pardonnera pas la moindre déconcentration. On ajoute à cela une altitude moyenne de 3500m (2400 min et 4250 max) et c’est à ce moment là que je suis content d’avoir eu l’occasion de m’entraîner à de nombreuses reprises à Val Thorens. Petites erreurs de parcours, coups de chauds, belles ascensions, émotions face au rocher à l’arrivée, de très beaux souvenirs pour cette première place. 

Juillet 2014, on efface tout et on recommence ! Une première participation offre de belles leçons mais chaque course reste différente. Bien préparé, en pleine forme au départ, la première partie de course se déroule très bien mais une invitée qui n’était pourtant pas convié insiste pour m’accompagner dans les 20 derniers miles : la douleur. Celle-ci, installée dans mon dos, ne comptait malheureusement pas me lâcher jusqu’à la fin. Une arrivée en seconde place, très heureux de ma course.

WESTERN STATE ENDURANCE RUN 100 : 

Parcours : 100 miles soit 161 km
Dénivelé : 6000 m D+
Période : Juin
État : Californie

La plus vieille course de 100 miles au monde (1974) avec 13 passages de sommets qui traversent plusieurs villes dont une ville fantôme. 

Juin 2015, départ à 5h éclairé par les pistes de ski devant moi, le matériel obligatoire est, là aussi, non existant. Au programme en ce début de course ? La plus grosse ascension de la journée histoire de se mettre correctement en jambes, il faut gérer l’allure. À environ un tiers de la course, je perds 6 minutes à cause d’un aller retour dû à une erreur d’orientation. Le balisage est léger et la moindre déconcentration sur le chemin peut coûter du temps. Outre l’orientation, je savais que l’un de mes ennemis principaux sur cette course pouvait être la température et elle m’attendait, rayonnante, au rendez-vous. Les conditions météo, ces données incontrôlables qui peuvent dicter et parfois casser le rythme de nos efforts. Une belle traversée de rivière vient redonner un bon coup de frais, bien qu’il faille attendre le 125ème km pour l’avoir vraiment… Sixième à rentrer dans le stade, un moment qui reste gravé dans ma mémoire !

TAHOE 200  : 

Parcours : 200 miles soit 321 km
Dénivelé : 8600 m D+
Période : Septembre
État : Alabama

Un décor qui doit être incroyable avec une course autour du plus grand lac alpin d’Amérique du Nord (165 miles soit 265 km avec un 8600 D+).

L’organisation de la course a légèrement étendu le tour pour qu’il atteigne les 200 miles, une toute autre dimension. Un cadre exceptionnel et un beau challenge qui donne envie d’être relevé.

WASATCH 100  : 

Parcours : 100 miles soit 160 km
Dénivelé : 8200 m D+
Période : Septembre
État : Utah

Là aussi, des paysages à tomber, entre sommets et vallées, chaud et froid, sec et humide, certains la résument par « It was the best time; it was the worst time ».

La nature isolée ajoute une dimension magique mais elle exige cependant une adaptation rapide et beaucoup de persévérance. Une course qui me parle énormément et que j’ai hâte de découvrir.

Une belle traversée de rivière est toujours la bienvenue sur les courses en plein été !

RUN RABBIT RUN  : 

Parcours : 100 miles soit 160 km
Dénivelé :  6160 m D+
Période : Septembre
État : Colorado

Une belle course de montagne dans les massifs du Colorado avec une version 50 miles et une version 100 miles en deux catégories : Bunnies et Turtles.

Un événement qui a pour réputation d’être très convivial que j’ai hâte de découvrir très prochainement en septembre prochain.

GRAND TO GRAND  : 

Parcours : 171 miles soit 275 km
Dénivelé :  5500 m D+
Période : Septembre
État : Utah et Arizona

Six étapes sur sept jours dans un décor unique dans le célèbre mais mystérieux Grand Canyon.

Des millions de personnes l’admirent chaque année sur les nombreux points de vues, peu s’y aventurent vraiment. Une occasion de courir à travers cactus, serpents et coyotes, entre soleil brûlant, pluie et parfois tonnerre. Une des raisons pour laquelle cette expérience me tente énormément : l’envie de découvrir de nouveaux paysages et environnements. Sa version hawaïenne, Mauna To Mauna, qui traverse deux des plus hautes montagnes volcaniques au monde donne envie aussi ! Hawaï représente un terrain de jeu à part entière qui offre un environnement unique que j’ai déjà eu la chance de traverser avec le projet Julbo trail session. 

L’environnement d’une course, la beauté de la nature qui l’entoure sont aujourd’hui des éléments déterminants dans le choix des départs que j’aimerais prendre. 

BARKLEY MARATHON  : 

Parcours : 100 miles soit 160 km
Dénivelé : 18000 m D+
Période : Fin mars / Début avril
État : Tennessee

Peut-être la course la plus atypique au monde avec une histoire que l’on croirait sortie d’un film.

Il faut d’abord écrire une lettre de motivation à son fondateur, dit « Laz », pour pouvoir espérer prendre son départ. Une lettre de condoléances vous est envoyée si vous êtes sélectionné, le décor est planté. L’heure de départ est “surprise” et les conditions très singulières : traversée d’une ancienne prison la nuit, champs de ronces géantes, pages de livres à récolter tout au long du parcours non balisé… En plus d’avoir un très bon niveau de jambes, il faut avoir un très (très) fort mental et de belles capacités d’orientation.  

Le concept d’enchaîner 5 boucles en course d’orientation ne me tente pas plus que ça mais c’est une course mythique ! Depuis sa création en 1986, seuls 15 coureurs peuvent affirmer l’avoir terminée…

LEADVILLE 100  : 

Parcours : 100 miles soit 160 km
Dénivelé : 4800 m D+
Période : Août
État : Colorado

Le décor se plante à 3000m d’altitude au-dessus de l’ancienne ville minière, Leadville, au milieu des Rocheuses.

Malgré son dénivelé moins élevé que la plupart des autres courses de cette liste, ici les coureurs ne passent jamais en dessous de 2800m. Bien que les paysages soient certainement magnifiques, deux caractéristiques me tentent moins : la course en aller-retour et son parcours plutôt roulant.

BADWATER MARATHON  : 

Parcours : 135 miles soit 217 km
Dénivelé : 4000 m D+
Période : Juillet
État : Nevada

Difficile de se dire que le départ se fait à -86m en dessous du niveau de la mer !

Au cœur de la Vallée de la mort, une course qui donne très (très) chaud avec des températures qui grimpent généralement au-dessus des 40°. Un parcours accidenté qui nécessite, comme la plupart des courses qui côtoient les fortes chaleurs, une acclimatation bien faite avec des entraînements en sauna. Une méthode qui habitue petit à petit le corps à côtoyer des températures extrêmes. Là aussi,  le parcours est assez roulant.

Alors si les courses américaines vous tentent, mes conseils se porteront principalement sur l’entraînement (endurance, dénivelé), l’acclimatation (chaleur, altitude), le perfectionnement en orientation et la préparation du matériel. Mais surtout, ma recommandation principale : ouvrir les yeux et profiter !

Profiter de ce retour à la simplicité du Trail running dans un environnement sauvage et majestueux…

Mon tableau récapitulatif des courses américaines 

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